« Nos entreprises doivent se doter d’un bon niveau de management »

Les entreprises ont besoin d’adopter la pratique du Supply Chain management pour aller à la conquête du marché international.
En marge d’une conférence sur les avantages concurrentiels à adopter la pratique Supply Chain qu’il a animée, le jeudi 26 octobre 2017, à l’intention de responsables d’entreprises publiques et privées, le directeur de l’Institut Supply Chain Afrique (ISC_Afrique), Thierno DEM est revenu avec « Le Soleil» sur l’intérêt du Supply Chain pour les entreprises. L’ingénieur à Dassault-Aviation invite les entreprises africaines à se doter d’un bon niveau de management.

Selon lui, le sous-management constitue un frein pour ces sociétés.

Vous venez d’animer une conférence sur les avantages concurrentiels à adopter la pratique Supply Chain.

C’est quoi le Supply Chain management ?

Le Supply Chain management est la planification de toutes les ressources de l’entreprise, leur pilotage et leur exécution dans le but de produire des biens et des services pour le client et assurer les avantages concurrentiels de l’entreprise.

Le Supply Chain management est-il bien connu en Afrique ?

Non.

J’ai le sentiment qu’à chaque fois que j’entends parler de Supply Chain, il y a des gens qui me parlent de transit, de douanes ou de logistique au sens simple alors que la Supply Chain, c’est beaucoup plus large. Il concerne l’ensemble des processus d’entreprise, va au-de là de l’entreprise parce qu’il intègre les fournisseurs, les clients des clients ; toute la chaîne de distribution pour livrer le produit jusqu’au client, y compris la production interne.

Peut-on adapter le Supply Chain au contexte Africain ?

Bien sûr ! En termes d’économie, il n’y a pas de contexte africain. Il y a plutôt un contexte international et ce contexte international est animé par une grande concurrence. Pour se hisser au niveau de la compétition sur le plan international, il faut bâtir un management basé sur le Supply Chain management qui permet d’avoir une efficacité et une accessibilité des africains au marché mondial.

Les entreprises africaines manquent souvent de compétitivité.

Qu’est-ce que le Supply Chai n management peut leur apporter ?

Le manque de compétitivité vient de deux axes; on n’a pas toujours les infrastructures, que ce soit l’énergie, l’Internet, les routes. Ces infrastructures posent problème mais cela relève de la responsabilité de l’État. Il y a aussi ce qui relève de notre responsabilité. Il faut que nos entreprises se dotent d’un bon niveau de management parce que nos freins, c’est un sous-management. Il faut renforcer le management de l’entreprise en se focalisant sur les flux de livraison des produits et les flux informationnels et financiers qui vont avec.

Pour accéder au marché international, les entreprises africaines ont besoin de respecter certaines normes établies. Le Supply Chain management peut-il permettre à ces entreprises d’être aux normes ?

Oui. Le Supply Chain management impose le respect de certaines normes internationales. Si on ne les respecte pas, on risque de produire des produits qui ne seront pas de bonne qualité, qui ne seront pas livrés dans les délais, qui ne seront pas livrés au moindre coût. Si on ne respecte pas les normes, on est dans ce qu’on appelle la concurrence en queue de peloton et dans un état de choc où l’on ne comprend pas ce qui nous arrive.

 

Aujourd’hui, le Sénégal a des ressources pétrolières et gazières. Est-il possible d’intégrer le Supply Chain management dans la gestion du pétrole et du gaz ?

Bien sûr ! C’est un terrain fondamental du Supply Chain management. L’industrie pétrolière est constituée de formes qui sont en mer ; qui sont de grandes entreprises mais qui  sont dans un espace réduit avec des contraintes climatiques et géographiques assez importantes. Il y a des problèmes de logistique, de transport, d’organisation, de planning, d’exécution des ordres. Tout cela est le Supply Chain management. L’industrie pétrolière a besoin de managers bien formés pour gérer ce Supply Chain. Il s’agit, aujourd’hui, de savoir que le métier du pétrole est un métier très complexe.li faut la hisser aux industries  pétrolières la compétence de faire leurs «corebusiness». Ils ont l’ingénierie de l’extraction du pétrole, de forage. Par contre, les locaux peuvent se focaliser sur toute la partie logistique, fonction de support qui permet à ces compétences clés de s’exercer.

Par exemple, aider aux achats, à la distribution, à la fabrication, à la maintenance et à la livraison des produits clients.