Aujourd’hui, on assiste à un engouement sans précédent des entreprises de production et de service dans le Supply Chain Management (SCM), afin d’améliorer leur compétitivité au niveau du marché mondial. Dans ce domaine où tout va plus vite du fait des bouleversements incessants de l’économie, les entreprises africaines doivent se préparer au changement de paradigme par la formation afin de pouvoir maîtriser les enjeux et adapter leur organisation.

A l’exception de quelques-unes, la majorité des entreprises africaines ont du mal à s’affirmer sur leurs propres marchés nationaux et, a fortiori, à l’international, théâtre de la compétition économique mondiale.
Sur le marché africain, ce n’est que très récemment que les investisseurs internationaux portent leur intérêt dans le financement de grands projets d’infrastructure. Le processus de délocalisation de la production industrielle occidentale engagé dans les dernières décennies en Asie du Sud Est, a déjà été répliqué au Maghreb et devrait se poursuivre en Afrique subsaharienne. Cette dernière bénéficie en effet de sa proximité géographique et linguistique avec l’occident, de la jeunesse de sa population et de ses réserves innombrables de matières premières.

Sur le marché international, force est de constater que la présence des entreprises africaines est limitée, voire quasi-inexistante. Selon les statistiques 2013 de l’OMC, la part de l’Afrique dans le commerce mondial représentait 2,3 % entre 2000 et 2006, soit une part insignifiante dans la balance commerciale mondiale. Ce chiffre ne s’est pas beaucoup amélioré dans la récente période. L’Afrique reste donc un consommateur de biens et services des autres continents mais un producteur encore timide sur le marché mondial.

Se préparer à la nouvelle donne

Il faut changer la situation économique pour se préparer à la nouvelle donne qui veut que l’Afrique soit la « nouvelle frontière », ce nouvel espace d’opportunités. Pour ce faire, il faut créer les conditions de l’émergence en commençant par rendre compétitives
les entreprises industrielles et de service existantes. Les prérequis de la compétitivité sont : des infrastructures de transport acceptables, la continuité de service des réseaux de communication et de distribution
de l’énergie, la formation d’une main d’œuvre qualifiée et la pro-
motion d’un environnement sociopolitique
démocratique et stable. Ce préalable engage toutes les parties prenantes de la vie économique en commençant par l’État.

Ensuite vient ce qui relève de la responsabilité de l’entreprise : la compétitivité. Par exemple, dans la production horticole qui est le domaine d’application dans cette publication, le Sénégal est de loin moins performant commercialement que le Mexique, l’Inde et l’Equateur qui sont les pays leaders sur le marché international de la pastèque, de l’oignon et de la banane (source : revue ‘Agridape’ – volume 29 n°2 – Juin 2013).

Lever les freins à la compétitivité

Quels sont les freins à la compétitivité ? Les entreprises africaines manquent de compétitivité pour plusieurs raisons : la qualité mais égale- ment les exigences de sécurité alimentaire et phytosanitaire dans le cas de l’horticulture. A cela s’ajoutent les procédés de production qui ne répondent pas souvent aux normes internationales, les réseaux de distribution souvent défaillants et les coûts de production élevée dus aux gaspillages à tous les niveaux des circuits de conception, de production et de distribution des produits. Toute activité qui n’apporte pas de valeur au client ou toute ressource utilisée à mauvaise escient est considérée comme étant un gaspillage. C’est le cas observé dans une ferme horticole du Sénégal des pertes post-récoltes (avaries, attaques par des nuisibles, retours…) qui se situent entre 10% et 20% de la production globale, mais aussi de la lenteur des opérations de collecte, du non-respect de la chaîne de froid, du mauvais aménagement des espaces de stockage, de l’inadaptation du matériel de manutention… (Source : Ecole Inter-états des Sciences et Médecine Vétérinaires – 2009).

A l’heure de la mondialisation de l’économie, la qualité des produits est un « avantage qualifiant » qui signifie qu’elle est considérée

comme une caractéristique minimale du pro- duit pour qu’il soit acceptable par le marché. La prémisse de tout est que les entreprises doi- vent produire des produits de qualité, dans les délais requis et au moindre coût. Dans le domaine horticole, en plus de la qualité, il y a les exigences de sécurité alimentaire et phytosanitaire aboutissant à des réglementations imposées par les pays importateurs.

Le SCM comme réponseaux besoins des managers 

Le problème des entreprises africaines est aussi le sous-management. Face à la compétition exacerbée due à la mondialisation, le manager d’aujourd’hui doit être « business minded », voir avec les yeux du client et être ouvert à l’international. Face à la variété des produits et à la complexité des procédés, le manager d’aujourd’hui doit être fort techniquement dans son domaine, créer et innover, argumenter sur les contraintes de son domaine et comprendre celles des autres domaines pour définir le meilleur compromis. Face au développement rapide des technologies, le manager d’aujourd’hui doit s’adapter à l’évolution des outils, s’approprier de nouveaux outils, transférer et former. Face à la complexité de la relation de travail, le manager d’aujourd’hui doit piloter son activité avec différents types d’interlocuteurs (clients, fournisseurs, sous-traitants, partenaires), avoir un sens cri- tique et managérial, une ouverture culturelle, se développer individuellement dans une organisation complexe et mouvante, travailler en réseau, savoir manager les hommes.

La mise en œuvre du Supply Chain Management (SCM) ou Pilotage de la chaîne logistique globale et la formation qui l’accompagne sont la réponse à ces exigences.

Nécessité de s’approprier le SCM

Le SCM cherche à optimiser toutes les ressources de l’entreprise par la planification, l’exécution, le pilotage des ressources pour produire un bien ou un service et satisfaire le client tout en main- tenant les avantages concurrentiels de l’entre- prise. Il concerne tous les processus et acteurs contribuant à la création de valeur aux yeux du client (Relation Client, Distribution, Relation fournisseur, Processus opérationnels)

Les changements des habitudes de consommation, les progrès incessants des moyens et techniques de production et de distribution représentent un défi qui appelle un changement et une adaptation continus dans le domaine du SCM, plus rapide que dans les autres secteurs de l’entreprise.

Le SCM s’appuie sur le principe selon lequel il faut changer pour progresser, au risque de rester en queue de peloton dans un état de choc consécutif à notre incompréhension des nouvelles technologies, façons de faire et idées. « La vie, c’est comme le vélo, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.» (Proverbe sierra-léonais). Vouloir changer n’est pas suffisant ; pour survivre, nos entreprises doivent instaurer positive- ment ces changements, facteurs d’amélioration et de compétitivité. Pour ce faire, les entreprises africaines doivent adopter et développer les meilleures pratiques, mondialement reconnues, dans la gestion des flux industriels et services afin de s’assurer les avantages concurrentiels exigés par l’économie mondiale globalisée et se hisser au niveau de la compétition internationale. Dans ce contexte, l’absence de formation ou d’une prise de conscience des enjeux de l’Excellence Opérationnelle dans le management de la Supply Chain et des opérations constitue une faiblesse qu’il faut gommer.

Se former au SCM
 et à ses bonnes pratiques

La démarche Supply Chain et la formation qu’elle sous-tend s’appuient d’abord sur la mise en œuvre de stratégies cohérentes où tous les secteurs de l’entreprise s’alignent sur la stratégie « corporate » pour aller dans la même direction fixée par la Direction Générale afin d’atteindre les objectifs de l’entreprise. Le pilotage des ressources repose sur la méthodologie MRPII (Manufacture Resources Planning) de planification globale et détaillée des besoins et res- sources de l’entreprise. L’amélioration continue ou « Kaizen» consiste à, sans relâche, identifier les problèmes puis à les résoudre pour faire progresser l’entreprise dans la voie de l’excellence grâce aux méthodologies : Juste-à-temps, Lean management, Six-sigma, Qualité Totale… La mise en place d’indicateurs clés de performance (« Balanced score cards », Modèle SCOR) permet le « benchmarking » et d’engager les actions correctives en vue d’atteindre les objectifs stratégiques. La démarche prend aussi avantage du développement continu des technologies de l’in- formation et de la communication (TIC), favorisant ainsi la mise en œuvre du commerce électronique, des portails fournisseurs et autre Gestion de la relation client (CRM). Le SCM profite aussi des avantages de la Globalisation à travers les transports internationaux, l’entreposage, la localisation des nouveaux fournisseurs au niveau mondial tout en se préoccupant du management des risques potentiels par la sécurisation des approvisionnements mondiaux et la mise en œuvre de plans B, le cas échéant. Enfin, le SCM est en première ligne pour promouvoir les avancées du développement durable et de la responsabilité sociétale, ainsi que les nouveaux paradigmes dans la conduite des affaires (visibilité, confiance, éthique et partage des bénéfices entre les différentes parties prenantes de la Supply Chain).

De nombreux bénéfices à la clef

Dans un secteur économique aussi vital que représente l’agriculture, le SCM contribue à la lutte contre l’insécurité alimentaire et à la compétitivité des entreprises exportatrices. Dans le domaine des exportations horticoles, il est à la base de l’exécution des opérations horticoles (préparation des terres cultivables, semence, récolte, conditionnement, stockage, transport, traçabilité, autocontrôle et livraison client). En chaîne de froid, garante de la qualité des pro- duits, grâce notamment à une bonne synchronisation de la disponibilité du fret avec les récoltes. Il accompagne les démarches de conformité aux standards d’exportation mais aussi celles de certification pouvant concerner le respect de l’environnement, les bonnes pratiques agricoles et sociétales telles que la protection des employés. Il participe à la formation sur les enjeux du commerce international et sur l’importance des outils de contrôle qualité.

Ainsi le SCM contribue à l’élaboration d’une solide infrastructure capable d’assurer la pérennité de l’entreprise et d’améliorer sa marge. Cette infrastructure est mise sur pied par un management bien formé.

Bénéfices pour l’entrepriseAvant toute chose, le SCM contribue à assurer la pérennité de l’entreprise, donc sa survie. Il faut d’abord exister avant d’aller à la conquête du marché. L’amélioration des performances en délai, coût, qualité et satisfaction client permet d’assurer un avantage concurrentiel et par conséquent, d’améliorer la marge en baissant drastiquement le coût de revient des produits indépendamment du prix de vente imposé par le marché.
■ Bénéfices pour le managerA la faveur d’une formation en SCM, le manager acquiert des compétences validées internationalement, est au courant des meilleures pratiques mondialement reconnues. Il dispose ainsi d’un indicateur objectif de mesure de la compétence professionnelle. La formation favorise également son engagement éthique.
Le Supply Chain Management est un moyen sûr, rapide et à moindre coût pour conduire les entre- prises africaines dans la voie de l’Excellence. La formation en est le premier jalon.

■ En particulier, Il aide à être proactif à la demande du marché grâce à une bonne planification et une adéquation charge/capacité. Il permet d’éviter les ruptures de stock, sources de moins-value financière et d’insatisfaction client. Il cherche à mini- miser les gaspillages et pertes grâce à une bonne gestion des ressources (main d’œuvre, matières premières et équipements). Il contribue à optimiser les opérations de fret tout en préservant la chaîne de froid, garante de la qualité des pro- duits, grâce notamment à une bonne synchronisation de la disponibilité du fret avec les récoltes. Il accompagne les démarches de conformité aux standards d’exportation mais aussi celles de certification pouvant concerner le respect de l’environnement, les bonnes pratiques agricoles et sociétales telles que la protection des employés. Il participe à la formation sur les enjeux du commerce international et sur l’importance des outils de contrôle qualité.

Ainsi le SCM contribue à l’élaboration d’une solide infrastructure capable d’assurer la pérennité de l’entreprise et d’améliorer sa marge. Cette infrastructure est mise sur pied par un management bien formé.

Bénéfices pour l’entrepriseAvant toute chose, le SCM contribue à assurer la pérennité de l’entreprise, donc sa survie. Il faut d’abord exister avant d’aller à la conquête du marché. L’amélioration des performances en délai, coût, qualité et satisfaction client permet d’assurer un avantage concurrentiel et par conséquent, d’améliorer la marge en baissant drastiquement le coût de revient des produits indépendamment du prix de vente imposé par le marché.
■ Bénéfices pour le managerA la faveur d’une formation en SCM, le manager acquiert des compétences validées internationalement, est au courant des meilleures pratiques mondialement reconnues. Il dispose ainsi d’un indicateur objectif de mesure de la compétence professionnelle. La formation favorise également son engagement éthique.
Le Supply Chain Management est un moyen sûr, rapide et à moindre coût pour conduire les entre- prises africaines dans la voie de l’Excellence. La formation en est le premier jalon. ■

 

 

 

Thierno Dem

Ingénieur certifié CPIM (Certified in Production and Inventory Management) et CSCP (Certified Supply Chain Professional) par Apics (The American Association for Supply Chain and Operations Management), il a pour objectif de faire bénéficier son expérience et ses connaissances aux grandes entreprises et écoles africaines par le biais de formations suivant le cursus diplômant de l’Apics, mais aussi par du support reposant sur des témoignages, des conseils pratiques et opérationnels basés sur l’expérience acquise. C’est dans ce cadre qu’il anime des séminaires en Supply Chain Management pour les étudiants en fin de cycle à l’École Supérieure Polytechnique (ESP) de l’Université de Dakar – Sénégal et à l’Université de Reims-Cham- pagne-Ardennes – France.